Thomas Gerbet dans la ‘’parrot team’’

Le journaliste Thomas Gerbet, pour le simple attrait du clic, ne ménage aucun effort pour créer une tempête dans un verre d’eau et éroder la confiance du public envers nos institutions. Grâce à la loi sur l’accès à l’information, notre illustre journaliste a mis la main sur 700 pages de courriels échangés entre l’industrie des technologies agricoles et le gouvernement. Échanges qui ont eu lieu lors de l’élaboration des nouvelles réglementations entourant l’édition génomique. Le journaliste révèle que le gouvernement et l’industrie auraient tenu plusieurs rencontres dans un hôtel afin de débattre de propositions, et qu’ils auraient travaillé conjointement sur des documents. Avec une bonne dose de dramatisation, Gerbet tente de convaincre son lectorat que les “intérêts privés” ont pris le contrôle du “fonctionnement du gouvernement à leur profit”.(article) Cependant, malgré le caractère divertissant de ces théories du complot, elles sont manifestement très éloignées de la réalité.

Et si la science s’alignait parfois avec l’intérêt de l’industrie?

La gestion des risques pour de tels dossiers repose sur l’expertise scientifique dans le domaine. Le député Alexandre Boulerice l’ignore peut-être, mais la position scientifique est claire : les semences issues de l’édition génomique ne présentent pas plus de risques que celles obtenues par d’autres méthodes de sélection végétale. Tout expert en la matière confirmera que les nouvelles plantes issues de l’édition génomique devraient être régulées en fonction de leurs propriétés finales et non de la méthode utilisée pour les obtenir. Ce n’est pas seulement l’industrie qui défend cette approche réglementaire mais aussi des institutions comme la National Academies of Science (NAS, 2016) et le National Research Council (NRC, 2000; NRC, 2002) des États-Unis. Santé Canada dans son avis scientifique fournit des centaines de références indépendantes pour expliquer leur prise de position.

Derrière porte close. Cependant on on ne peut rien cacher au journaliste Thomas Gerbet. 🕵️‍♂️

Bienvenue en 2023

Toutefois, ce pseudo-scandale ne concerne pas la science, mais bien l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui adapte ses réglementations en fonction de la réalité d’aujourd’hui. Nous disposons d’une technologie avancée offrant un formidable potentiel pour améliorer notre agriculture. Il était grand temps de moderniser la réglementation pour stimuler l’innovation et fournir des procédures claires et standardisées aux producteurs de semences. Qualifiez cela de lobbying si vous le souhaitez, mais il est tout à fait légitime que l’industrie et le gouvernement collaborent étroitement pour élaborer une réglementation sensée et définir le vocabulaire associé. Comment parvient-on à collaborer sur une réglementation et à établir un vocabulaire commun? On se rassemble, on échange des idées, des documents d’information, des propositions et des interrogations. En somme, des réunions dans des hôtels, des documents collaboratifs et 700 pages d’e-mails. Où est le scoop, Thomas? Quel est ton scandale? C’est absurde. Si, suite à ces réunions, le gouvernement met en place des réglementations allant à l’encontre de la logique, de la science ou de l’avis d’experts, alors il serait pertinent d’enquêter la cause. Mais cela ne semble manifestement pas être le cas ici.

Thomas Gerbet enquête et découvre qu’un groupe de travail industrie-gouvernement est orchestré par… l’industrie et le gouvernement. 🕵️‍♂️

Tiger Team

Ce qui est amusant dans ce prétendu scandale “Gerbéen” est l’usage répété par notre journaliste d’investigation du nom de la “Tiger team” pour ajouter du sel à son histoire et se faire croire qu’il a dévoilé un complot obscur d’un groupe ultra secret. Manifestement, Gerbet ignore que “tiger team” est simplement un terme courant désignant une équipe de spécialistes rassemblés pour atteindre un objectif précis ou résoudre un problème spécifique.

Parrot team

Travaillant main dans la main avec l’industrie bio et des journalistes militants comme Thomas Gerbet, la « parrot team », comprenant des groupes environnementaux tels que Vigilance OGM, a sauté sur l’occasion pour exprimer son indignation. Il est ironique de voir Thibault Rehn de Vigilance OGM se lamenter de n’avoir que peu de voix, alors qu’il célébrait, il y a à peine un an, avec une boisson (cancérigène), la victoire de son équipe qui avait fait dérailler le projet de réforme. Malgré l’absence de bases scientifiques ou d’expertise, la « parrot team » avait réussi à influencer la décision gouvernementale. Pouvions-nous alors affirmer que les intérêts de l’industrie de la désinformation avaient pris le contrôle du fonctionnement du gouvernement à leur profit?

C’est tout?

Si notre journaliste “d’investigation” nous a fourni ce qu’il y avait de plus croustillant dans les 700 pages de courriels entre l’industrie et le gouvernement, il est manifeste que, malgré tous les efforts de sensationnalisme de la part de Gerbet, il n’y a ici ni scandale ni véritable information. Cela ne l’empêche toutefois pas de promouvoir son “enquête” sur les réseaux sociaux comme s’il s’agissait d’une série vedette sur Netflix. C’est pathétique, mais cela semble marcher auprès de ses lecteurs, ce qui est sans doute le plus important pour notre ami Thomas. À noter que même nos autres grands médias, souvent prompts à sauter sur ce type d’histoire bidon, ne semblent pas tomber dans le panneau cette fois. Ce qui est assez révélateur.

Merci Radio-Canada.

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